lundi 23 novembre 2015

Inégalités dans un univers particulier



Dans l’article « Des milliers de travailleurs étrangers temporaires doivent quitter le pays », publié dans le journal La Presse en avril dernier, l’auteur remet en question les effets de la circulation de la main-d’œuvre sur ces migrants, ainsi que les disparités qui en découlent. À première vue, en occident, cette circulation se montre comme une opportunité d’avancement pour les travailleurs migrants remplis d'attentes et de confiance. À travers la mondialisation, ces individus espèrent de meilleures conditions que celles retrouvées dans leurs pays d’origine. Dans l’article, il est expliqué que des milliers de travailleurs migrants ont du quitter le pays en avril dernier, malgré la forte demande en main-d’œuvre, le but du programme étant d’offrir des opportunités provisoires et non pas nécessairement permanentes. Après quatre ans de dur labeur, les travailleurs à rémunération moindre n’ont presque aucune chance d’obtenir la résidence permanente tant voulue. Dans ce contexte, les conditions ne leur permettent pas d’avoir recours à de l’aide juridique, pour ainsi faire valoir leurs droits et leurs libertés. Réclamant que de nouvelles approches soient nécessaires, Trudeau mentionne que la gérance des conditions liées à ce modèle de travail atypique évoque un manque de compassion, tout comme cela amène des inégalités entre les travailleurs temporaires occupants de gros postes et ceux étant peu spécialisés.

Pour ces travailleurs atypiques, la discrimination sur la base des statuts d’emploi cause des disparités de traitement pénibles psychologiquement menaçant leur bienêtre, notamment reliée au fait de ne pas pouvoir se projeter dans le futur. De cette façon, une forme de concurrence se crée entre les travailleurs temporaires tout au long de leur séjour parmi nous. Ainsi, la disparité de traitement sur le plan salarial crée une forme de déshumanisation. Dans le même ordre d’idée,  les conséquences de leur exclusion sociale à travers la déficience au sein du collectif au travail tourmentent l’identité de chacun de ces travailleurs. Ceux-ci faisant face à de nouveaux défis, ils se retrouvent dans un univers où l’accès aux assurances collectives privées et aux régimes publics de protections sociales est restreint, puisqu’ils ne sont pas inscrits dans aucune forme juridique stable. Par conséquent, la rupture du contrat social justifie l’instrumentalisation des migrants étrangers. La FCEI a rapporté que des mesures seront prises afin d’abolir l’inégalité parmi les travailleurs temporaires, détruisant ainsi la dynamique de disparités où le travail est perçu comme une marchandise, rien de plus. 

Cette technique utilisée pour constamment occuper les postes les moins demandés provoque un retour dans le temps, à l’époque où les salariés n’étaient qu’une valeur marchande sans pouvoir d’émancipation. Considérant que l’État est employeur, l’État est donc aussi fondateur du manque de sécurisation pour ce qui est perspectives professionnelles chez ces migrants, remettant ainsi en question les innovations sociales mises en place ce dernier siècle. Pour remédier à la situation, M. Polievre, député à la chambre des communes au Canada, propose aux entreprises d’engager d’avantage des travailleurs locaux, incitant des hausses de salaires pour les canadiens. Dans cette optique, une baisse du recrutement à l’externe et par conséquent une réduction des inégalités liées à la disparité de traitements entre migrants. Dans un système nommé néolibéralisme, où le traitement diffère selon les classes des migrants et où la possibilité de rester dans le pays après avoir apporté une certaine valeur économique est presque nulle, on voit les actes illicites et les déportations fleurir, menant à une quasi impossibilité de remettre les pieds au Canada.  À vrai dire, les mesures discriminatoires remettent en question les valeurs et les morales de notre système, puisqu’on ne se préoccupe pas des conséquences à long terme pouvant affecter la vie de ces travailleurs permanents, mais bien de l’apport économique engendré par ceux-ci. Une prise de conscience menant à une approche équitable est désormais impérative.

Enfin, à travers cet article, on se rend compte que notre gouvernement doit porter une attention particulière aux politiques détournant les normes de travail, pour ainsi s’assurer d’intégrer la main-d’œuvre migrante tout en respectant leurs droits et leurs libertés. 

Par  Diana Alexandra Mihai

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