dimanche 22 novembre 2015

Êtes-vous désirable pour un chasseur de tête

Si auparavant, on vous embauchait selon votre curriculum vitae et votre expérience de travail, aujourd’hui le critère de sélection est la capacité d’adaptation du futur employé. Avec la complexification du marché du travail, la compétition entre les grandes entreprises ainsi que la compétition entre les travailleurs est à son apogée. Ces géants de l’industrie se font désormais la guerre pour se procurer la « crème de la crème » en ce qui a trait à leurs employés. C’est dans cette optique qu’ils font appel aux chasseurs de têtes afin qu’il leur déniche la « perle rare » qui sera à l’image de l’entreprise et qui correspondra à leurs attentes. Tel que mentionner dans l’article Êtes-vous désirable pour un chasseur de tête, le plus important pour avancer dans son parcours professionnel « ce n’est pas le savoir-faire, mais le savoir-être.[1]»
Ces chasseurs de têtes sont à l’affût de tout ce qui se passe dans ce monde des affaires qui est en constante mutation. Ces personnes peuvent vous propulser loin dans votre carrière, cependant il est très difficile de les solliciter. Par ailleurs, ils vous contacteront si votre profil correspond à la demande de leurs clients.
Roger T. Duguay est chasseur de têtes pour diverses compagnies québécoises. Il s’agirait d’une période prospère pour cette profession, car selon l’article, « un cadre de direction changera d’emploi de 8 à 10 fois pendant sa carrière, et il ne demeurera en poste que 3,8 années en moyenne.[2]» Cela pourrait s’expliquer par la flexibilisation fonctionnelle que l’on retrouve chez les employés appartenant au cœur d’une entreprise. En effet, selon le modèle de centrifugation de l’emploi du cœur aux marchés périphériques de Jean-Pierre Durant, les travailleurs se doivent d’être polyvalents selon les besoins de l’entreprise[3].
M. Duguay a récemment publié son livre intitulé : Démarquez-vous : Comment maximiser votre impact. Dans cet ouvrage, celui-ci donne des astuces pour bien paraitre lors des entretiens et révèle ce que les entreprises recherchent. Tout d’abord la première impression, soit le bien paraitre est très important ainsi que l’habillement. Duguay va même à dire : « Ma règle, c’est qu’il faut être juste un peu mieux habillé que son futur patron. Juste un peu mieux, mais pas trop[4] ».  En second plan, il s’agit de trouver des employés curieux d’apprendre, ayant une grande capacité de jugement et d’adaptation, faisant preuve de flexibilité et d’autonomie. Ces critères sont donc ceux auxquels aspirent les entreprises en ce qui concerne leurs employés. Avec le néolibéralisme, la fragmentation des entreprises et les transformations du marché du travail, le critère de flexibilité est maintenant monnaie courante. La compétition est une autre conséquence de ces changements. En effet, le néolibéralisme encourage par ses pratiques et ses discours la mise en concurrence des travailleurs. Le simple fait d’avoir des chasseurs de têtes montre à quel point les entreprises souhaitent avoir les meilleurs travailleurs ce qui augmente aussi la compétition entre les performances et les aptitudes des employés.
Il est possible de faire un lien avec l’article de l’actualité et la nouvelle de Kraucaur la Sélection. Le point de ressemblance est le bien paraitre que doit avoir le futur employé lors de l’entretien d’embauche. Tout comme le montre kraucaur avec une réponse obtenue durant un entretien: « Lorsque nous recrutons du personnel de vente et du personnel administratif [] nous attachons une grande importance à une apparence agréable[5]». Il en est de même lorsque Duguay spécifie l’habillement parfait pour l’entretien. Cela est la preuve que l’apparence est un aspect important aux yeux des employeurs pour décrocher un emploi dans leur entreprise.
Donc, à notre époque, alors que le néolibéralisme encourage la compétition sur le marché du travail, les entreprises se doivent de trouver la perfection en ce qui concerne leurs employés. Ils font alors appel à des chasseurs de tête. Ceux-ci se chargent de trouver des employés à l’image de l’entreprise et se basent souvent sur leurs apparences physiques.

 Alexandra Meunier Tétreault (Matricule 20019856)

 Bibliographie


Duhamel, Pierre. « Êtes-vous désirable pour un chasseur de tête », L’actualité, mis à jour le 11 novembre 2015, ˂ http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/etes-vous-desirable-pour-un-chasseur-de-tetes/˃, consulté le 20 novembre 2015

[1] Duhamel, Pierre. « Êtes-vous désirable pour un chasseur de tête », L’actualité, mis à jour le 11 novembre 2015, ˂ http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/etes-vous-desirable-pour-un-chasseur-de-tetes/˃, consulté le 20 novembre 2015
[2] Ibid.
[3] Durand, Jean-Pierre. « Les réformes structurelles de l’entreprise : l’intégration réticulaire et le flux tendu », dans La chaîne invisible, Travailler aujourd’hui : Flux tendu et servitude volontaire, Éditions du Seuil, Paris. 2004Pp. 185-186.
[4] Duhamel, Pierre. « Êtes-vous désirable pour un chasseur de tête », L’actualité, mis à jour le 11 novembre 2015, ˂ http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/etes-vous-desirable-pour-un-chasseur-de-tetes/˃, consulté le 20 novembre 2015
[5] Kracauer, S. « Sélection », Les employés, Édition de la maison des sciences de l’homme, Paris, 1929. p.38


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