A good manager:1. Is a good coach2. Empowers the team and does not micromanage3. Expresses interest in and concern for team members’ success and personal well-being4. Is productive and results-oriented5. Is a good communicator—listens and shares information6. Helps with career development7. Has a clear vision and strategy for the team8. Has key technical skills that help him or her advise the team
La question de l'autonomie est d’une
importance cruciale pour la haute direction, car elle en a fait son fer de
lance dès ses débuts en 1998. Son slogan
officieux «Don’t be evil», mystérieusement abandonné il y a quelques années,
illustre la culture de l’entreprise fondée sur une distribution horizontale des
effectifs faiblement hiérarchisés, la promotion de l’initiative individuelle
créatrice et une certaine informalité liée une image de jeunesse sans cesse
renouvelée. Un tel mode d’organisation
offre un contraste frappant avec les réaménagements généralisés selon la
doctrine néo-libérale, où le cœur de l’entreprise est réduit à ses fonctions
les plus fondamentales, typiquement de l’ordre décisionnel[3]. Au contraire, la division des postes en trois
grands ensembles (ingénieurs, superviseurs et vice-présidents) offre très peu
de mobilité au personnel qui tire plutôt son contentement de l’ampleur des
projets à sa disposition. Il n’y a donc
rien de surprenant à ce que l’entreprise opte pour un apaisement de l’individualité
forte de ses employés en puisant la légitimité du travail de ses gestionnaires
dans leur propre discours, couverte sous la logique impartiale d’algorithmes
familiers. Par des questionnaires,
entrevues et feuilles de pointage, l’équipe du Project Oxygen a parvenu à en extraire l’affirmation du bien-être
qu’apporte un leader compétent et humain.
Si la méthodologie de la chose reste discutable en raison de la mission
implicite donnée aux chercheurs, il s’agit néanmoins d’une tactique ingénieuse
pour contrer les excès d’une gestion minimaliste portée vers le bonheur telle
que prônée par Elton Mayo. Une expérience
tentée en 2002 où la chaîne de commande fut réduite à sa plus simple expression
a renforcé l’impression de fragilité du modèle à long terme puisque Larry Page,
l’un des pères fondateurs, était alors confronté à des peccadilles relationnelles
journalières de parfaits inconnus.
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La jeunesse des bureaux de Zurich |
Or la suite du programme
consiste en un revirement savoureux de la situation, car les superviseurs
jouissant d’une nouvelle prestance dans cette entreprise aussi démocratisée et
rationnelle que Google sont soumis à leur propre médecine en voyant leurs
actions scrutées selon les huit indicateurs.
Les évaluations annuelles de
performance sont dans leur cas combinées à des tests de la personnalité partiellement
conduits par leurs subordonnés résultant en des séminaires correctifs en cas d’échec. Sous le diktat d’une Vérité indéniable, les
décideurs devront alors se conformer à un one
best way formel, non seulement au regard de l’opération routinière de leur
travail mais aussi de leur être en soi —icône pour l’ensemble de l’équipe, le
leader se doit d’incarner l’excellence confiante. Ce caractère autrefois difficilement défini
et abandonné aux aléas du flair des recruteurs est maintenant figé pour
maintenir le fin équilibre requis à la satisfaction des jeunes prodiges. Il semble que même l’atmosphère de travail
pétillante dégagée par les quartiers de Google ne soit pas exempte de certains
ajustements désillusionnés.
[1] GARVIN, David A., «How Google
Sold Its Engineers on Management», Harvard
Business Review, décembre 2013. En ligne au : <http://hbr.org/2013/12/how-google-sold-its-engineers-on-management/ar/1>,
consulté le 7 décembre 2013.
[2] NISEN, Max, «How Google
Convinced Its Engineers That Managers Matter», Business Insider, 28 novembre 2013. En ligne au : <http://www.businessinsider.com/google-engineering-management-2013-11>,
consulté le 7 décembre 2013.
[3] DURAND,
Jean-Pierre, «Les réformes structurelles de l’entreprise : l’intégration
réticulaire et le flux tendu» dans La
chaîne invisible, Travailler aujourd’hui : Flux tendu et servitude volontaire,
Paris, Éditions du Seuil, 2004, p. 189.
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