dimanche 25 septembre 2016

Quand la société a toutes raisons (même économiques) sur l'economie

Dans La crise des emplois non qualifiés, Yerochewski et al. tentent – et réussissent, à mon avis – de contester les explications traditionnelles qui naturalisent le phénomène des travailleurs pauvres, en dissipant les préjudices et les connaissances reçues à propos de travailleurs non qualifiés. Un des aspect les plus importants qu’ils relèvent – selon moi – est que on est en face à une déqualification du travail, plutôt que à des travailleurs non qualifiés. Ils mettent l’accent en particulière sur les femmes et les immigré(e)s, dont le travail est discrédité, à la base aussi des raisons d’enjeux social. Il conclurent en disant : «C’est parce que l’on tien pour acquises des division du travail fondées sur le genre, l’appartenance à un groupe racial, la citoyenneté ou les qualifications, que l’on tolère ces phénomènes de polarisations et dégradation des condition de l’emplois. […] Le fait que ces travailleurs soient des femmes et des immigré(e)s confère une légitimité culturelle à leur discriminations économiques et sociale ». 

Or, France Stratégie – un organe conseilleur du gouvernement Français – vient de publier, pour la première fois - un rapport sur les coûts de la discrimination au lieu du travail[1]. Tout d’abord le rapport explique en ce qui concerne le problème de la discrimination : 

Les discriminations représentent une insulte à l’ambition républicaine d’égalité. Elles constituent un problème social parce qu’une partie de la population concernée est pénalisée dans l’accès à l’emploi ou cantonnée dans des emplois de moindre qualité. Elles induisent également des coûts économiques, en premier lieu pour les individus qui les subissent, mais également pour les employeurs et pour la société dans son ensemble. Elles posent donc un triple problème moral, social et économique. Chaque discrimination fragilise la société, engendre une injustice, occasionne une souffrance et bride un talent qui ne trouve pas à s’employer. 

Le but de l’étude est une qualification et quantification, en suivant des méthodes inverses – du moment que la discrimination à l’embauche n’est pas directement mesurable – de la discrimination pour le sexe e l’origine des travailleurs. 

Quatre dimensions d’inégalités sont observées : trois concernent le marché du travail (accès à l’emploi, accès au temps plein, niveau de salaire) et une le système éducatif (proportion de bacheliers). 

L’intuition sur laquelle se base l’étude est que toute sorte de discrimination porte, en termes économiques, à une distribution sous-optimale des ressources, en créant ainsi défaillance du marché. Cette allocation défectueuse des ressources induirait donc à un gâchis des talents et de conséquence à une perte économique. Pour corriger cette défaillance il devrait y avoir une réduction des écarts entre la population discriminée (femmes, immigré(e)s, handicapés, résidents dans les banlieues) et la population de référence (homme, blanc, ne pas résident en zones urbaines sensibles). Pour corriger les écarts, quatre paramètres doivent être pris en considération.

1) Resserrement des écarts de chances d’accéder à un poste de niveau de salaire élevé (effet « salaire »); 
2) Accès élargi à l’emploi pour les populations discriminées (effet « taux d’emploi »); 
3) L’accès à un poste à temps plein, c’est-à-dire la réduction des écarts de durée hebdomadaire du travail entre catégories (effet « heures travaillées »); 
4) Réduction des écarts de niveau d’éducation (effet « niveau d’éducation »).

Vu les résultats du rapport, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, promet d'être « intraitable »[2] à l’avenir avec les entreprises qui prendraient des mesures «cosmétiques» contre les pratiques discriminatoires dans l’emploi. «Chacun doit comprendre que la lutte contre les discriminations n’est pas un gadget», a-t-elle ajouté[3].

Comme note concluante de cet article, je trouve bien ironique le fait que pour une fois ne soient pas les demandes sociales (comme l’est d’une perspective purement économique l’état providence) à créer une allocation sous-optimale de ressources,  mais le défaillance résulte des choix économique, prise, tout d’abord, pour éviter de perte dans la production en embauchant des femmes, « plus faibles et moins productives » où des immigré(e)s, « ingérables et pas fiables ». Il ne reste à espérer que l’état des choses va être corrigé par l'entreprise pour la société avec la même urgence, détermination et inflexibilité que l'entreprise requéraient de la société. 

Giulia Camparsi

D’après les statistiques, des mesures corrigeant les écarts mentionnés ci-dessus pourrait porter à une augmentation du PIB, de +3,5 à +14%. 









[1] http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/19-09-2016_fs_rapport_cout_economique_des_discriminations_final_web.pdf
[2] http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211308943985-emploi-reduire-les-discriminations-permettrait-de-doper-leconomie-2028733.php
[3] http://www.liberation.fr/france/2016/09/20/travail-reduire-les-discriminations-rapporterait-des-milliards-d-euros_1504002

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