mercredi 28 septembre 2016

Couper dans l’aide sociale majeur pour l’économie ?



Je lisais un article sur la loi 70 au début du mois de septembre et quelque chose a capté mon attention. Pour ceux et celles qui ne savent pas ce qu’est la loi 70, je vous l’explique. La loi 70 consiste à réduire et à couper de moitié les prestations des nouveaux demandeurs d’aide sociale « apte à travailler » qui refusent d’aller travailler. Avant tout, je tiens à dire que je suis un peu en accord avec certains faits. Je ne tiens pas à ce que les foudres frappent sur moi de la part des autres et je tiens aussi à spécifier que je ne tends pas à généraliser certaines exceptions sur l’ensemble de la population. Je sais que lorsqu’il est question des gens plus démunis, souvent le ton monte et je ne tiens pas à ce que cela arrive. Seulement, je crois que cette question d’aide sociale (qui traîne depuis assez longtemps, selon moi) mérite qu’on s’y attarde un peu.

Je suis d’accord avec le fait que les jeunes âgés de 18 ans ne devraient pas faire de demande de bien-être social. Je crois qu’il est possible de se trouver un emploi assez facilement même lorsque l’on a peu ou pas d’expérience. Je ne suis pas contre le fait que quelqu’un s’inscrive là-dessus pour se dépanner aussi (des imprévus arrivent à tous, j’en suis amplement consciente). Je ne vise pas non plus les mères monoparentales, les personnes ayant des restrictions (physiques, mentales ou autres) ou les personnes (comme mentionné plus haut) ayant des difficultés et ayant besoin d’un aide supplémentaire le temps de se replacer. Il faut aussi rappeler que pour certains prestataires, le programme d’aide sociale n’est pas quelque chose qui les rend fiers. En effet, dans la génération dans laquelle nous nous trouvons, plus exactement depuis le 19ème siècle, la société a tendance à valoriser le travail et à le concevoir comme une façon de s’émanciper et de s’épanouir. Cependant, j’ai beaucoup de difficulté à concevoir que quelqu’un de 18 ans ne soient pas capable de trouver un emploi correspondant à ses capacités.  Je comprends aussi que l’accès à l’emploi à temps pleins n’est pas aussi facile pour tout le monde. Je comprends aussi que pour les travailleurs temporaires et à temps partiels ce n’est pas évident, car ceux-ci cotisent, mais non pas accès au chômage. Je conçois que le droit du travail est de plus en plus difficilement applicable. Mais qu’en est-il des gens qui sont sur l’aide sociale (qui rappelons-le, est une aide de dernier recours pour des gens en ayant vraiment besoin) qui se permettent de travailler en « dessous de la table ? »

Ce que je trouve intéressant avec le programme suivant la loi 70 est que les prestations des demandeurs d’aide sociale augmentent s’ils suivent le programme et font les démarches pour se trouver un emploi. Ce que je trouve qui ne fonctionne pas avec cette loi est le fait que quelqu’un qui refuse de travailler à un emploi se trouvant à plus de 300 km de chez lui se voit couper son allocation. En d’autres mots, la distance n’est pas un critère pour refuser un emploi. C’est un fait de dire que la province de Québec pourrait faire des économies de 50 millions de dollars par année. Mais à quel prix ? Quelle personne accepterait de travailler dans un rayon de 300 km de chez elle pour un salaire minimum ?  Dans cette partie de la loi 70, j’ai l’impression que l’économie semble être au-dessus de tout, c’est-à-dire qu’elle prévaut sur la question de dignité des individus.

Cindy Daigneault-Robert
Lien vers l’article --» http://www.ledevoir.com/politique/quebec/479452/projet-de-loi-sur-l-aide-sociale-philippe-couillard-brandit-le-baillon

Article de référence :

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201511/10/01-4919394-aide-sociale-quebec-serre-la-vis-aux-nouveaux-prestataires.php

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