lundi 21 novembre 2016

L’élection américaine de 2016 : une histoire de racisme et de sexisme?

On ne peut nier la vague de surprise et d’insatisfaction entourant l’élection de Donald Trump ni l’idée que l’élection de 2016 est venue diviser le pays. Chacun des deux candidats à l’élection a séparé les votes des Américains avec un ratio 50/50 presque parfait. Les vidéos accessibles en ligne de nombreux journalistes, protestataires et internautes sont des témoignages de l’agitation causée par cette campagne et ses résultats. Beaucoup de vidéos et de commentaires portent un caractère hautement haineux qualifiant les partisans de Trump de racistes et de sexistes. Certains qualifient même cette élection d’un « White Lash ». Est-ce possible que ces personnes se trouvent à promulguer une grave erreur de jugement?


Si nous regardons de plus près le graphique précédent[1], nous pouvons d’abord observer que l’électorat blanc n’a pas tant plus penché du côté du républicain Donald Trump en 2016 qu’il ne l’avait été pour le républicain Mitt Romney en 2012 avec un différentiel respectif de 21% et 20%. Cependant, ce qu’on peut remarquer est que le différentiel de l’électorat hispanique et noir a diminué en défaveur de la démocrate respectivement de 8 et 7 points de pourcentage. Cela veut dire que, malgré les allégations de racisme lancées envers Trump, le républicain a recueilli davantage de votes de la part de la population noire et hispanique que ne l’a fait son prédécesseur en 2012. Je ne veux pas rentrer dans les causes de cette situation, mais il reste qu’il devrait y avoir davantage de recherche venant éclairer sur les raisons ayant poussées ces populations à voter pour un soi-disant raciste.


Pour ce qui est du précédent graphique qui compare la distribution des votes selon le genre[2], les hypothèses voulant que Donald Trump soit un sexiste auraient dû amener davantage de femmes à voter pour son opposant Hilary Clinton. Cette dernière n’a cependant pas été chercher un résultat significativement différent comparativement à son prédécesseur Barack Obama durant l’élection de 2012. Alors que Clinton n’a su tirer de son côté l’électorat féminin que d’un seul point, quant à lui, Trump a réussi à récolter cinq points de plus de l’électorat masculin comparativement à Romney en 2012. Encore une fois, comment se fait-il que l’électorat féminin ne se soit pas davantage opposé au sexiste Donald Trump durant l’élection et voté significativement plus pour la démocrate Clinton? Ceci est aussi une question dont il serait intéressant d’investiguer scientifiquement dans les prochaines années.

J’ai voulu amener ces précédents graphiques et analyses, non pas pour soutenir Trump, mais pour remettre en question les préjugés qui pèsent sur son électorat. Je ne crois pas que les gens ayant voté pour Trump méritent ce Media Lash dont ils sont victimes. Je ne crois pas également que Trump était le meilleur candidat, je ne le crois pas non plus pour Hilary Clinton. Pour reprendre les mots des réalisateurs de South Park, c’est comme si les Américains ont eu à choisir entre un « Turd Sandwich » et un « Douchebag ».

Alors, comment comprendre cette élection? Bien des recherches, débats et discussions seront nécessaires afin de rendre compte d’une meilleure compréhension de ce qui se passe aux États-Unis. J’ai un penchant un peu marxiste sur un point : ce ne sont pas les idées qui forment le monde, mais le monde matériel qui forme les idées. Ce postulat pourrait s’avérer intéressant pour beaucoup qui souhaitent regarder à la loupe le résultat de cette élection. J’espère que les chercheurs s’attarderont davantage sur la réalité physique dans laquelle se trouvent les gens et non pas uniquement sur leur idéologie en tant que « substance » détachée de leurs conditions matérielles.

Pour finir, je souhaiterais que les non convaincus regardent cette vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=l4FV4cppsCg). Je ne vous dis pas le « punch », mais la vidéo montre des jeunes musulmans qui sont allez dans un regroupement de partisans de Donald Trump et qui sont revenus avec une tout autre idée de ce à quoi ils s’attendaient. À voir absolument!

Maxime Flibotte




[1] Alec Tyson et Shiva Maniam, Behind Trump’s victory: Divisions by race, gender, education, Repéré à http://www.pewresearch.org/fact-tank/2016/11/09/behind-trumps-victory-divisions-by-race-gender-education/ (consulté le 18 novembre 2016).
[2] Ibid.

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