
http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201408/29/01-4795648-saccage-a-lhotel-de-ville-44-employes-accuses.php
et
http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2014/10/09/008-saccage-hotel-de-ville-nouvelle-accusation.shtml
et
http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2014/10/09/008-saccage-hotel-de-ville-nouvelle-accusation.shtml
Suite
au conflit étudiant de 2012, les paramètres de la lutte sociales
ont été modifiés. La mobilisation organisée menant vers des
démonstrations de puissance et de solidarité a pavé la voie à une
exposition médiatique sans précédent. Ces transformations de
l'action collective, ou à tout le moins l'ampleur de ce mouvement,
n'est pas sans conséquence sur les luttes syndicales du moment. À
une période où les politiques d'austérité se succèdent en vue
d'amoindrir les dépenses étatiques, le projet de loi n° 3 « Loi
favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de
retrait à prestations déterminées du secteur municipal »
arrive avec la subtilité d'une bombe dans la cours municipale. Ce
projet visant une restructuration à la baisse des régimes de
retraite a soulevé la grogne des employés municipaux qui
multiplient les actions de mobilisations, certaines étant plus
radicales que d'autre. L'article analysé pour la présente entrée
dans le blogue est en lien avec les événements du 18 août dernier
durant lesquels des manifestants se sont introduits dans l'hôtel de
ville de Montréal et y ont commis diverses actions illégales,
allant de l'attroupement illégal jusqu'au méfait, en passant par
les voies de faits. La partie suivant le court résumé de l'article
se penchera sur l'organisation syndicale et les moyens utilisés par
les employés municipaux lors de ces événements.
Ainsi,
cet article du jeudi 9 octobre annonce que des accusations
supplémentaires sont déposées contre treize nouveaux employés
municipaux, y compris onze pompiers. Il est ainsi question maintenant
d'un total de cinquante-sept personnes accusées. L'ironie de cette
situation est que les policiers ayant procédant à l'enquête,
grandement critiqués pour leur inaction lors des actions du 18 août
dernier, sont également interpellés par le projet restructurant les
régimes de retraites. Il n'y aurait aucun policier d'accusé dans le
dossier, seulement un employé civil du Service de Police de la Ville
Montréal. Le maire de la ville, Denis Coderre, était présent sur
les lieux lors du débordement du 18 août et a choisit de ne pas
porter plainte personnellement, mais a quand même critiqué le
travail de la police et les débordements des employés municipaux.
Les
événements du 18 août entrent dans une catégorie plutôt
singulière d'action collective. Il n'est pas question d'une lutte
entre travailleurs et employeurs pour une amélioration des
conditions de travail, mais plutôt pour une amélioration (ou une
conservation des acquis, selon les employés municipaux) des
conditions de retraite. À une ère au Québec où une grande partie
de la population active de la génération des boomers approche de la
retraite, chaque année des employés municipaux accèdent à
d'avantageux régimes gouvernementaux et ceux étant encore actif à
l'heure actuelle se retrouvent dans une situation d’iniquité
vis-à-vis leurs prédécesseurs. Les forces en présences sont ainsi
les employés municipaux et l'administration gouvernementale et les
forces de législations des pensions de retraite. En regardant les
différentes théories du syndicalisme de la seconde vague telles
qu'identifiées par Renaud Paquet, Jean-François Tremblay et Éric
Gosselin, un courant semble coïncider avec les actions du 18 août
dernier, malgré quelques manques. Il n'est évidemment pas question
d'une perspective unitariste, en le sens que celle-ci : « nie
les différences fondamentales d'intérêts entre les travailleurs et
les entreprises, entre les détenteurs de capitaux et les
producteurs. » (Tremblay, Paquet, Gosselin, 2002, p. 21) On est
ici en présence d'un clash où les deux partis se disent ouverts à
négocier sur les conditions des régimes de retraite et non pas dans
une entrave de la production capitaliste économique. La lutte entre
les employés municipaux et l'État est plutôt du ressort d'un
système pluraliste à l'intérieur duquel : « les buts
ultimes des syndicats sont d’améliorer le sort des travailleurs au
sein de la société capitaliste dont ils acceptent pleinement les
inégalités et les structures de pouvoir. » (Tremblay, Paquet,
Gosselin, 2002, p. 21). On est ici en présence de deux groupes
sociaux bien définis, et celui des travailleurs cherchent
l'amélioration, ou à tout le moins la préservation, des conditions
de retraite établies préalablement. Malgré l'hétérogénéité
des employés municipaux, il n'en reste pas moins que ceux-ci font
front commun et cherche avant tout une reconnaissance de leurs droits
communs. Ils cherchent à négocier collectivement pour profiter de
la force de leur nombre et ne veulent conséquemment pas ce scindés
en sous-groupes, démarche qui leur ferait perdre de la puissance.
Cependant, l'approche radicale ou d'économie politique critique
semble s'apposer davantage aux événements du 18 août étant donné
que : « Le pouvoir syndical sera exercé dans un
cadre conflictuel et sera déterminé par la densité syndicale, le
niveau interne d'organisation syndicale, les possibilités de
mobilisation et les ressources syndicales. Quant au conflit et aux
tensions, ils découleront directement de la nature de la relation
d'emploi... » (Tremblay, Paquet, Gosselin, 2002, p. 24)
On
peut ainsi voir dans le saccage de l'hôtel de ville qu'il y a bel et
bien eu une mobilisation des ressources syndicales en vue du conflit
opposant les deux partis et que les enjeux monétaires sont au centre
de cet affrontement. Cet enjeu permet aux groupes concernés la
négociation collective, par laquelle un compromis est possible et
plus aisément trouvé que dans des enjeux de contrôle ou de
pouvoir. (Tremblay, Paquet, Gosselin, 2002, p. 25) Néanmoins, ces
courants théoriques et leur application au contexte des conflits
entourant le projet de loi 3 ne tiennent pas en compte d'un troisième
acteur : les médias par lesquels passent l'influence de
l'opinion publique, qui semble pencher de plus en plus du côté
étatique.
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