vendredi 4 décembre 2015

La misère de la bedaine

« Cachez cette grossesse que je ne saurais voir », est le titre d’un article proposé par journal Metro qui rappelle le vers célèbre de Molière, « cachez ce sein que je ne saurais voir ». Comme quoi la forme change avec le temps, mais pas le fond. Cet article nous présente la misère des jeunes femmes et la discrimination qu’elles subissent par le simple souhait d’avoir des enfants. 


En effet, selon une étude britannique qui, selon Julie Miville-Dechêne, présidente du conseil du statut de la femme, correspond à la réalité québécoise, « 70 % des agences de recrutement se font demander par leurs clients d’éviter d’embaucher des femmes enceintes ou en âge de procréer, et 80 % des gestionnaires des ressources humaines disent “y réfléchir à deux fois” avant d’embaucher une jeune mariée dans la vingtaine ».  Ces chiffres me semblent spectaculaires, puisque selon la loi ce type de discrimination est interdit, mais on voit bien que dans les faits la réalité est toute autre. 

Selon l’article, cela mène les femmes à cacher leur grossesse ou leurs plans familiaux afin d’obtenir le poste désiré sans discrimination. En effet, on peut lire que les mots « cacher sa grossesse au travail » génèrent 565 000 résultats sur Google. Cet exercice n’a rien de scientifique, pourtant cela prouve que les femmes sont bien informées de la discrimination liée à la grossesse puisqu’elles tentent de la dissimuler. Comme Mme Miville-Dechêne le mentionne, « c’est assez fréquent qu’on questionne une femme sur ses plans familiaux. Et si un patron a devant lui un homme et une femme de compétences égales, j’ai bien l’impression que la question de la maternité et du congé parental influence sa décision, que ce soit de façon consciente ou inconsciente. »

    Cet article présente bien en quoi le travail des femmes est précaire ainsi que les raisons pour lesquelles elles sont discriminées. Je crois que cette situation correspond principalement aux entreprises privées, puisque de façon générale, dans le secteur public, les employés sont syndiqués et habituellement cela évite la discrimination faite aux femmes. Cependant, lorsqu’on se demande pourquoi moins de femmes accèdent à des postes hauts gradés dans une entreprise, ou même l’accès d’un poste spécialisé, il est important de prendre en compte le rapport de domination hommes-femmes et la perception que se font les employeurs des jeunes femmes. En effet, cet article image bien la métaphore du mur et du plafond de verre. On donne l’illusion aux femmes de pouvoir accéder à des métiers d’hommes ou à de hauts postes, par ailleurs une fois le moment venu les femmes frappent un plafond de verre par le simple fait de mentionner qu’elles envisagent d’avoir des enfants. À compétence égale, un homme sera alors choisi pour le poste, et ce, probablement sans se faire questionner sur ses plans familiaux. Cette discrimination envers les jeunes femmes place celles-ci dans une position de précarité puisqu’elles n’ont pas accès aux emplois qu’elles méritent pour de simples raisons biologiques. Cela confine les femmes souhaitant avoir des enfants à exécuter des métiers de femmes où il sera plus facile de conjuguer travail-famille, ou encore, de rester à la maison pour effectuer des tâches ménagères non payées, communément appelé le travail invisible des femmes. Finalement, je crois que lorsque deux adultes décident d’avoir un enfant et que ces deux adultes aspirent à une grande carrière, l’une ne devrait pas être pénalisée pour des raisons biologiques alors que l’autre n’a pas la pression de telles discriminations. Heureusement, de plus en plus d’hommes prennent leur congé de paternité et il est possible d’espérer que cette forme de discrimination envers les femmes s’atténuera lorsque les hommes et les femmes prendront leurs responsabilités familiales également. 

Sara Toulouse

Article
 http://journalmetro.com/plus/carrieres/882353/cachez-cette-grossesse-que-je-ne-saurais-voir/

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